Côté jardin

Comme un jardin zen, je retrouve mes vignes après une bonne journée de travail. Ce lieu apaisant où j’ai l’impression d’être à ma place. Je voulais laisser mon empreinte sur ce lieu mais je crois qu’en fait c’est lui qui m’empreint.

Jpeg
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Le geste précis, je réalise tous les travaux manuels et mécanisés.

Ce vignoble est ma page blanche devant laquelle mon inspiration est en ébullition. Cela fait une quinzaine d’années que je fais du vin pour les autres, mais cela fait surtout une quinzaine d’années que je vis et rencontre des gens passionnants.

Aujourd’hui, mon vignoble me permet de cultiver la vigne comme je le sens. Sans contraintes économiques ou marketing, sans détour ni facilité, faire un vin sain et vivant ne s’improvise pas. Il faut travailler en fonction des dynamiques de la vie ; les saisons, le matin, l’après-midi, l’influence de la Lune. La vie des plantes et des organismes en général est rythmée par ces phénomènes. Je m’en sers tous les jours pour travailler mes sols et dynamiser mes vignes.

Un jour quelqu’un m’a dit : »la raison d’être de la vigne n’est pas le raisin, mais le pépin ». En effet, la fonction d’une plante est de perpétuer son espèce. Le fruit n’est qu’une enveloppe protectrice, un cocon, qui va une fois le pépin à maturité, commencer à se désagréger et tomber au sol. Ainsi, son intégration au sol en sera facilitée. Le viticulteur doit être conscient de cela. Ce ne sont pas les produits chimiques qui vont protéger la vigne, mais bel et bien la vigne elle-même, si elle et en bonne santé.

Pas de désherbant ; c’est un engagement ! Forcément, ça prend plus de temps et ça demande plus de savoir faire.

Pas d’engrais minéraux ; une évidence ! La vigne crée son sol. En automne, quand la sève élaborée redescend, elle va nourrir et faire se développer une multitude de micro-organismes (bactéries, mycorhizes…). Les échanges vont alors dans les deux sens. C’est un peu le premier réseau social avant l’heure. Si j’ajoute de l’engrais, ces micro-organismes n’ont plus lieu d’être et meurent. Il y a tout ce qu’il faut dans le sol, on doit juste le maintenir en vie et aéré.P_20150923_150023_EFF

Pour la partie traitement phytosanitaires, il faut avoir une vision à long terme. J’utilise des produits qui ne laissent aucun résidu dans les vins. Ce n’est pas totalement bio mais mon objectif est d’arriver à travailler intégralement en biodynamie assez rapidement. Je dois accompagner la vigne dans cette voie là petit à petit. J’utilise des préparations de plantes (ortie, prêle, consoude) et de silice pour stimuler la pousse, structurer le végétal, atténuer le stress dû à des changements brutaux de températures…

Mes connaisances m’ont permis de réaliser la campagne 2015 (lutte Mildiou, oïdium…) en biodynamie. Le résultat est au desus de mes espérances.

Grâce à cela, je marche dans mes vignes comme dans un jardin. Je fais un vin sain et digeste, le plus naturellement possible.

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